Lieu d’exposition et de rencontres artistiques

LATRANSVERSALE est un lieu d’accueil d’expositions temporaires, de rencontres d’artistes et de professionnels invités, de performances et de formation (workshop, conférences, etc.). Le nom de LATRANSVERSALE a été choisi en lien avec l’approche croisée des disciplines artistiques, des domaines perméables traversés et enseignés au lycée Alain-Fournier, et présentés dans cet espace d’exposition.

Cet espace d’exposition n’est pas destiné au seul public scolaire intra et extra-lycée — écoles, collèges, étudiants de l’Ensa, de l’Espe, du Cépia, etc., renforçant ainsi la liaison inter-cycle et inter-établissements ; il s’agit aussi d’un lieu ouvert sur la ville et au public extérieur, accueilli et accompagné lors des vernissages, des manifestations et des expositions, sur rendez-vous durant les jours ouvrés de la semaine, avec une médiation des lycéens des options Arts plastiques et des étudiants de la CPES-CAAP (Classe préparatoire aux études supérieures – Classe d’approfondissement en Arts plastiques).

LATRANSVERSALE accueille environ quatre expositions par an d’une durée approximative d’un mois. Son exploitation et sa gestion sont prises en charge par les professeurs enseignants d’Arts plastiques du lycée et en CPES-CAAP, ainsi que par le Proviseur de l’établissement, sur invitation d’artistes et d’intervenants.

Sa programmation est organisée en collaboration avec les différents partenaires du lycée Alain-Fournier (l’Ensa de Bourges, le centre d’art contemporain le Transpalette, Les Turbulences FRAC Centre, la Maison de la Culture de Bourges, etc.), mais aussi sur propositions des étudiants de la CPES-CAAP, en formation découverte des métiers de l’exposition, à des moments clefs de l’année (rentrée scolaire et semaine des Arts / Fête Lycéenne des Arts et de la Culture, fin d’année, etc.). Y seront aussi présentés des travaux d’Arts plastiques des lycéens et des étudiants durant les Portes-ouvertes du lycée. Enfin, une exposition de fin d’année (de fin-mai à fin-juin) présentera les travaux des étudiants de la CPES-CAAP.

Cet espace d’exposition est aussi une galerie d’essai : exploitée à des fins pédagogiques (exercices d’accrochages pour l’évaluation, accueil des ateliers d’initiation Régie, lieu de formation et de réflexion aux métiers de l’exposition — commissariat, régie, médiation — etc.), les étudiants de la CPES-CAAP et les lycéens des options Arts plastiques peuvent y expérimenter des formes de présentation variées de leur production plastique.

LATRANSVERSALE a rejoint le Schéma d’orientation pour le développement des arts visuels (SODAVI) en région Centre-Val de Loire, porté par l’association devenir.art

Qui songe à oublier, se souvient

Une exposition de Delphine DEWACHTER. Visible, sur rendez-vous, du 30 mars au 13 mai 2022.

Contact : contact.latransversale@gmail.com

Delphine Dewachter appartient à l’essor, par la réappropriation au sein des pratiques artistiques contemporaines depuis une dizaine d’années, des techniques artisanales et traditionnelles (l’usage du textile, de la broderie, de la céramique, etc.) et de ce que l’on pourrait qualifier de “renouveau vernaculaire”.

Au sein de cette valorisation du “fait main”, des savoir-faire, les notions de décoration et de motif sont autant de confirmations d’un art contemporain qui se moquerait des “refoulés” de la modernité. Cette résurgence de pratiques artisanales ou traditionnelles, longtemps (et, pour certains, toujours) considérés comme “mineures” — terme pourtant, là encore, en contradiction avec le refus par le post-modernisme de la hiérarchie des catégories — ouvre, dans une approche inclusive des pratiques artistiques, à l’idée de cultures visuelles élargies vers un ailleurs de l’art.

C’est cet “ailleurs” que Delphine Dewachter nous invite à visiter dans Qui songe à oublier se souvient, en “bouturant” ces pratiques réinvesties avec des images et des lieux qui s’imposent aux spectateurs comme des retours en surface de souvenirs partagés, où nous sommes accueillis comme si nous visitions ses songes.

Mêlant photographies brodées, installations textiles, céramiques et dessins, cette nouvelle exposition de Delphine Dewachter à Bourges, Qui songe à oublier se souvient, invite le spectateur à un parcours esthétique et allégorique qui tient autant au récit de voyage nous permettant de prendre la mesure du monde, qu’à une transfiguration maniériste de celui-ci.

Par ses descriptions d’un ailleurs rêvé (dans un registre du merveilleux obnubilant) et d’une appropriation du réel et de ses images (parfois dans ses évènements les plus dramatiques) grâce au geste artistique de la broderie, Delphine Dewachter nous promène en plusieurs époques et plusieurs lieux appartenant autant à la mémoire qu’aux songes, à l’instar de l’ouvrage fascinant attribué au moine dominicain Francesco Colonna, Le Songe de Poliphili, paru à Venise en 1499, histoires elliptiques et enchâssées décrivant un voyage intérieur où l’espace du rêve est le labyrinthe inversé de la vie éveillée.

Dans ses traversées de jardins maniéristes où se confondent l’architecturé et le végétal dans un combat de la nature contre l’artifice, Delphine Dewachter nous entraîne, telle une évocation de la peinture italienne, dans une représentation d’un art de la ruine où l’architecture semble abandonnée, dans une description de l’agencement de jardins merveilleux, de grotesques botaniques et d’inventaires lapidaires côtoyant l’ornemental, à la rencontre de nymphes de textile dont l’origine végétale ou animale nous reste énigmatique.

Nous sommes donc bien en présence d’une invitation à nous engager dans un parcours initiatique, à la rencontre de nombreux symboles et ornements faisant référence aux merveilles et aux mystères des arts sacrés.

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